Copenhague

21/12/2009 11:30

Les principaux points de l’accord de Copenhague

Accord général sur la nécessité de contenir la hausse de température globale à 2°C.

     - Mais pas d’accord sur l’objectif de diviser par deux les émissions mondiales de CO2 en 2050
     - Et pas d’accord pour la mise en place d’une organisation internationale pour contrôler les efforts des pays.

Horizon 2020
Les pays industrialisés (dits annexe 1) et les pays émergents devront indiquer avant le 31 janvier 2010 leurs objectifs en matière de réduction de gaz à effet de serre d’ici 2020.

     - parmi les pays industrialisés, les USA n’ont pas laissé prévoir d’évolution au delà de ce qui a déjà été annoncé : -4% en 2020 (base 1990).

     - l’Europe va devoir décider si elle maintient une position commune. Elle s’est déjà engagée à faire -20% en 2020 par rapport à 1990, et -30% si ses partenaires font des efforts proportionnels.

     - les engagements que prendront les pays émergents ne seront pas contraignants et seront contrôlés seulement au niveau national.

     - la Chine avait indiqué avant Copenhague qu’elle s’efforcerait d’améliorer l’efficacité énergétique de sa croissance.

Financement des pays pauvres
Copenhague a confirmé l’estimation à 100 milliards de dollars par an le besoin en financement des pays en développement à l’horizon 2020. A court terme, 10 milliards de dollars vont être disponibles en 2010, 2011 et 2012. Un groupe de travail de haut niveau sera créé pour étudier ces questions financières.

Technologie
Un mécanisme est établi pour accélérer les transferts technologiques.

Prochains rendez-vous
Conférence à Bonn en juin 2010 pour faire le point et préparer la Conférence de Mexico à la fin de l’année 2010. Un réexamen global de l’accord de Copenhague est prévu en 2015.

 

les avis

Copenhague, un sommet historiquement … médiocre

Devant l’urgence climatique, les « grands » de ce monde ont seulement fixés que les pays en développement recevraient une aide de 30 milliards d’euros sur trois ans et qu’il fallait éviter de dépasser les deux degrés de réchauffement d’ici 2050. Comment ? Mystère et boule de gomme.font-size: 10pt;">Les critiques fusent après l’échec des négociations du sommet climatique de Copenhague. Barack Obama et Nicolas Sarkozy se sont dits déçus par le maigre résultat obtenu après deux ans de pourparlers, deux semaines de débats et de deux jours de négociations entre chefs d’état et de gouvernements.

Ce sommet de Copenhague pour la lutte contre le réchauffement climatique, un sommet qui était annoncé comme historique pour la planète, se conclue par un accord non contraignant, un sommet au résultat médiocre.

Nicolas Sarkozy a échoué à imposer un accord contraignant à la conférence des Nations Unies de Copenhague pour la lutte contre le réchauffement climatique de la planète. L’Europe qui demandait une réduction de 30% des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2020 (par rapport aux niveaux de 1990), revient sur son objectif et se fixe seulement une réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre.

L'écologiste français Nicolas Hulot, a jugé l’accord de Copenhague de « consternant ». Nicolas Sarkozy qui ne voulait pas d’un accord sur le combat contre le réchauffement climatique qui soit « médiocre » s’est déclaré déçu par le résultat, déçu devant l'absence d'objectif de réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre de 50%, par rapport aux niveaux de 1990, d'ici 2050. 

Pour Nicolas Hulot comme pour Nicolas Sarkozy, le sommet de Copenhague montre «  les limites d'un système onusien à bout de souffle », et ce type de négociations devraient disposer de nouvelles méthodes d’arbitrage et de vote final. 

Pour le Collectif « Sauvons le Climat », « le processus engagé en 1992 à Rio a paru à bout de souffle, la mécanique onusienne a semblé rouillée et impuissante alors que les diplomates passaient leur temps à se quereller et se révélaient incapables de rédiger des textes compréhensibles. Résultat : une simple déclaration d’intentions qui reconnait que l’on doit limiter le réchauffement planétaire à 2°, déclaration qui n’est pas même (encore ?) avalisée par tous les pays. Sur la table, aucun engagement, aucun chiffres significatifs, aucune contrainte. »

« Alors que Copenhague devait rassembler par un contrat de confiance l'ensemble des pays autour de la cause climatique, l'arrogance de quelques chefs d'État ébranle le processus même des négociations. Le multilatéralisme a peut être malheureusement été remis en cause de manière irréversible », constate Morgane Créach directrice du pôle international du RAC-France.

Pour Oxfam France Agir-Ici, « la déclaration de principe sur le climat dévoilée par un petit comité de dirigeants mondiaux à Copenhague aujourd'hui n’est qu’une fuite en avant. Ce texte, négocié par un petit groupe de pays, laisse de coté la grande majorité des pays en développement, qui ont à peine été consultés, et qui doivent encore se prononcer sur son contenu. La France affirme avoir adopté cet accord, mais l’Union européenne ne s’est pas prononcée formellement. »

Pour Les Amis de la Terre, « la conférence de Copenhague, qui était la dernière chance de ne pas dépasser 2 ° de hausse de la température mondiale en 2100, se termine en échec patent. C’est le résultat d’un système basé sur l’égoïsme des grandes puissances. L'incapacité des dirigeants du monde à se mettre d'accord et à remettre en cause un modèle de société insoutenable aura des conséquences dramatiques pour l’humanité toute entière, et en premier lieu pour les populations des pays les plus pauvres. » 

Pour Europe Ecologie, « les dirigeants des grands pays ont échoué lamentablement. Et plutôt que d’assumer leur échec devant les pays les plus vulnérables qui n’ont pas pris part aux discussions finales, ils sont partis par la petite porte. (…) Le risque existe que l’ « Accord de Copenhague », s’il est signé par quelques pays mais rejeté par la majorité, créé un processus parallèle à l’ONU qui – en pratique – pourrait rendre caduc les négociations onusiennes. On craignait qu’ils tuent Kyoto, ils vont peut être tuer le Convention climat de l’ONU. Ce serait alors la victoire posthume de Bush. »

L'accord de Copenhague deviendra en effet le « traité » de Copenhague lors du sommet de Bonn dans six mois, avant le prochain grand sommet de l’ONU sur le climat prévu à Mexico en 2010.

Copenhague peut être un échec fructueux

Au travail ! Il faut recommencer à exercer les pressions pour une lutte efficace contre le changement climatique C'est la réaction de nombre des décus de Copenhague.

 

«Une approche tout ou rien pour juger Copenhague a elle aussi ses dangers. Les deux grands ennemis de la lutte contre le changement climatique ont toujours été le déni et le désespoir». Ces mots sont ceux de Philip Stephens, éditorialiste au Financial Times, qui, rétrospectivement, avait bien anticipé l’issue du Sommet de Copenhague : un échec fructueux est possible. Après la chute il faut remonter tout de suite sur le cheval.

Certes, il n’y aura pas de traité de Copenhague, composé de chiffres et d’engagements précis, qui aurait permis d’apporter une réponse solide à la crise climatique. Certes, de ce point de vue, si l’on attendait que Copenhague soit le terme réussi d’une négociation démarrée à Bali en 2007, Copenhague est un échec.

En effet, le texte qui vient d’être voté par la Conférence des Parties sur proposition d’une vingtaine de Chefs d’Etats est insuffisant : pas d’objectifs de réduction pour 2050, la définition de l’objectif à 2020 est renvoyé à janvier 2010, la conclusion d’un accord juridiquement contraignant est renvoyé à plus tard.

Le tableau n’est pourtant pas si noir. La tristesse et la révolte des pays les plus pauvres qui sont aussi les plus exposés au dérèglement climatique est, non seulement légitime, mais elle doit être soutenue. De ce point de vue, dénoncer vigoureusement les égoïsmes nationaux des pays du nord est pleinement justifié. Reste qu’il ne fallait pas attendre que la 15ème conférence des parties soit une baguette qui allait tout régler.

Il est tout de même étrange que ceux qui prédisaient son échec depuis des semaines soient aujourd’hui surpris. Concrètement, le sommet de Copenhague peut avoir une onde de choc très négative si la sinistrose règne. Les climatosceptiques tireront parti de cet échec pour tenter de valider leurs théories fumantes. Les citoyens seront à leur tour victimes du syndrome de l’ »à quoi bon? » : à quoi bon se battre pour l’équilibre de la planète si même nos dirigeants ne le font pas ? A cette heure-ci je pense surtout que notre responsabilité collective envers nos enfants est surtout de ne pas baisser les bras. Les commentateurs en chambre sont moins utiles que les acteurs. A titre personnel, je ne me sens pas le droit de me lamenter : à quoi cela sert-il ?

Des raisons d’espérer. Le sommet de Copenhague n’est pas intéressant par son résultat mais par ce qu’il a permis de mettre en lumière. Tout d’abord, son caractère technocratique et anti démocratique a été mis en évidence sur la place publique. Les ONG et autres représentants de la société civile qui ont été chassés hier du centre de conférences sortent considérablement renforcées de ce sommet.  Il sera à l’avenir difficile d’organiser de la même manière qu’à Copenhague un sommet sur le climat.

Deuxième point : l’échec de Copenhague peut créer un électrochoc à l’origine d’une mobilisation citoyenne plus importante qui permette réellement d’obtenir un accord juridiquement contraignant en 2010 : il sera difficile pour nos gouvernants de jouer deux fois de suite la même tragicomédie !

Troisième point : les négociations techniques ont tout de même avancé et ont permis d’identifier clairement les enjeux, les blocages et autres difficultés à surmonter. Copenhague de ce point de vue aura permis de poser enfin un diagnostic. Or, il n’y a pas de bon remède sans bon diagnostic et le paradoxe est qu’aujourd’hui, les moyens de lutter contre la hausse des températures sont connus. Enfin, ce sommet a aussi démontré, l’émergence de l’Afrique sur la scène internationale. Les interventions de certains Chefs d’Etat africains comme celui du Sénégal resteront comme de grands moments. Beaucoup pensait qu’à Copenhague la surprise venait de Copenhague, elle est venue de l’Afrique.

 

 

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