LE JAPON FONCTIONNE DÉSORMAIS SANS ÉLECTRICITÉ NUCLÉAIRE

01/06/2012 14:34

 

Depuis le 5 mai dernier, plus aucun réacteur nucléaire ne produit d’électricité au Japon. La troisième puissance économique mondiale devrait passer l’été 2012 (période de forte consommation d’électricité) sans disposer du moindre électron d’origine nucléaire. Comment compenser ces 28 % de la fourniture électrique ? Pendant que les électriciens nippons s’interrogent, leurs compatriotes agissent. Et tout se déroule dans le calme, par de simples mesures d’économie d’énergie…

 

Suite à la catastrophe de Fukushima en mars 2011, plusieurs experts ont pointé les risques d’un nouveau tremblement de terre sur la sécurité des centrales nucléaires au Japon. Les 54 réacteurs nucléaires nippons ont donc été progressivement mis à l’arrêt, le temps de subir un entretien approfondi. Le dernier réacteur encore en service a été fermé pour maintenance le 5 mai dernier. Et ils ne sont pas près de redémarrer. D’abord parce que chaque opération nécessite un arrêt de septante jours. Mais aussi parce que, selon la règle, ce sont les gouverneurs de province qui ont la responsabilité d’autoriser ou non le redémarrage des centrales mises à l’arrêt. Et ils n’ont pas vraiment envie de se mettre à dos leur population, profondément marquée par le drame de Fukushima. Une association de Tokyo a par exemple réuni 250 000 signatures, lui permettant d’organiser un référendum sur l’utilisation ou non du nucléaire pour alimenter la capitale japonaise.

 

Pour un certain temps au moins, le pays devra donc se passer des 54 réacteurs nucléaires construits depuis le début des années 1970 et produisant 28 % de l’électricité consommée par les 127 millions d’habitants de la troisième puissance économique de la planète. Le gouvernement lui-même hésite à redémarrer les réacteurs. Il aimerait d’abord vouloir connaître les conclusions de l’étude sur l’avenir énergétique du Japon, attendues pour cet été.

 

En l’espace d’un an, sans vraiment le décider formellement, le Japon sera donc de facto sorti du nucléaire. Provisoirement certes, mais assez « catégoriquement » pour que, un peu partout, on se pose la question : mais comment les Japonais vont-ils faire alors qu’on ne cesse de répéter que pour une nation développée à ce point dépendante de ce vecteur énergétique, c’est tout simplement intenable ?

 

Au niveau des ressources, le recours aux combustibles fossiles dans les centrales conventionnelles dont dispose déjà l’archipel a dû être augmenté. Selon un rapport Platts1, la compensation a été apportée à 60 % par le gaz naturel et à 40 % par le pétrole. Et cela aura certainement un effet sur la balance économique du pays déjà mal en point : le surcoût estimé en fioul frise des trente milliards d’euros. Sans parler des émissions de CO2 que le Japon s’est engagé à réduire de 25 % d’ici 2020.

 

Mais l’élément de réponse le plus important réside dans l’effort de réduction de la consommation demandé par le gouvernement Japonais à ses compatriotes : 15 %. Non seulement ceux-ci ont été atteints en moins d’un an, mais certaines régions du nord comme le Tôhoku, qui comprend la préfecture de Fukushima, ont fait mieux et atteignent aujourd’hui les 18 %. Or rien ne semble avoir changé dans la capitale Tokyo, réputée pour ses enseignes lumineuses tapageuses. La situation serait moins « glorieuse » en province, mais il semble que globalement, la population ait pleinement pris conscience de la nécessité de modérer sa consommation.

 

Cette prise de conscience dope déjà les ventes de produits peu consommateurs d’énergie comme les ampoules basse consommation ou les ventilateurs et autres climatiseurs domestiques, l’un des équipements des foyers japonais les plus gourmants en électricité, dont les nouveaux modèles rivalisent de sobriété. Par ailleurs, on constate aussi l’irruption sur le marché d’appareils électroniques, électroménagers et informatiques adaptés à une éventuelle défaillance de fourniture, comme ces téléviseurs Toshiba dotés d’une batterie qui permet un fonctionnement autonome pendant trois heures.

 

Dans les publicités, l’argument de la faible consommation fait flores, soutenu par des incitants publics sonnants et trébuchants. Même les habitudes vestimentaires qui tendent à s’adapter pour éviter ou réduire l’usage de la climatisation par temps chaud. Témoins, ces nouveaux vêtements anti-transpiration, ou la mode nationale « cool-biz » encouragée par les administrations publiques et remplaçant le traditionnel costume cravate par des tenues plus légères. Cet été, les distributeurs de boissons installés dans tous les lieux publics seront mis au repos. Question pénurie, on a vu pire.

 

[R]évolution énergétique pour le Japon «The Advanced Energy [R]evolution-A sustainable Energy Outlook for Japan» est une étude publiée par Greenpeace et EREC sur les perspectives énergétiques du Japon. A partir des données officielles du Ministère de l’environnement d’avril 2011, il étudie deux scénario de développement des énergies renouvelables et les compare à un scenario de référence. Nous avons extraits du rapport la figure de synthèse concernant la production/consommation d’électricité.

 

Les scénarios [R]évolution énergétique ont été conçu comme une sorte de mode d’emploi de la politique énergétique, montrant qu’il est possible d’assurer pour la planète un avenir énergétique durable grâce aux renouvelables. Ce projet a été élaboré conjointement par des spécialistes de l’Institut de thermodynamique technique du Centre aérospatial allemand (DLR) et plus de 30 scientifiques et ingénieurs issus d’universités, d’instituts et de l’industrie des renouvelables du monde entier.

 

En 2007, au Japon, la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’électricité représentait 82 sur 1 010 TWh, soit 8 %. L’hydroélectricité était la principale ressource renouvelable exploitée. Demain, jusqu’en 2020, le solaire photovoltaïque, l’éolien et la biomasse pourraient connaître la plus forte croissance et devenir avec l’hydroélectricité les principales ressources énergétiques du pays pour la production électrique. En 2050, la géothermie et l’énergie marine (vagues, courants marins) pourraient compléter le bouquet énergétique. Le solde serait assuré par les centrales thermiques au gaz naturel (LNG).

 

source : renouvelle N°44

 

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